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Costa Brava |
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Écrit par J. Anglès
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Jeudi, 30 Septembre 2004 01:00 |
Claires calanques catalanes
Rompant avec les côtes basses et sablonneuses du Roussillon, les contreforts pyrénéens plongent leurs roches acérées dans la Grande Bleue au niveau des caps Béar et Creus. Au sud de cette frontière naturelle, la Costa Brava déroule une dentelle ensoleillée de calanques limpides, de caps couronnés de pinèdes et de plages de sable fin. Fermement ancrés sur les quais d'anciens ports de pêche, les traditionnels bars à tapas résistent pied à pied aux fast foods du tourisme, intense en haute saison.
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Présentation
Plus variée que les rivages bas du golfe du Lion, moins sujette aux coups de tramontane, la Costa Brava est l'escapade la plus tentante au départ des ports du Roussillon. Il suffit de mettre les voiles, cap au sud, et de doubler les roches déchiquetées du cap Creus pour changer de monde. Une navigation de vingt à soixante milles selon le port de départ, tranquille par beau temps mais qu'il convient néanmoins d'aborder avec prudence car les parages du cap Béar et du cap Creus ont la réputation, nullement surfaite, de se transformer en chaudron infernal quand souffle la tramontane. Il est vrai que celle-ci se renforce en longeant les Pyrénées et balaie alors cette zone en rafales d'une violence inouïe, levant une mer très dure qui peut mettre les navires en difficulté. Nombre de marins ayant sillonné les océans du monde s'y sont déjà laissés surprendre. Au sud de ces deux caps, la Costa Brava est mieux abritée et, durant la belle saison, c'est presque toujours par beau temps qu'on longe ses paysages changeants, tour à tour arides ou couverts de forêts, rocailleux ou sableux. Tout le cap Creus par exemple, gigantesque mufle rocheux qui se projette dans la mer, a des allures de désert où ne poussent qu'un maquis rabougri et quelques rares arbres, cantonnés dans les échancrures de la côte difficilement accessibles par la terre, donc toujours tranquilles.
Des criques désertes autour du cap CreusCe littoral grandiose justifie le nom de Costa Brava, la "côte sauvage", et recèle une des perles de la Catalogne, Cadaquès, splendide village qui fait étinceler sa blancheur sur les rochers sombres d'une large baie. Plus loin, le golfe de Rosas s'ourle d'une longue plage devant la plaine fertile de l'Emporda où, il y a deux mille ans, les Romains s'étaient déjà installés dans les pas des Grecs. Désormais protégée, cette plage reste vierge sur plus de huit milles, le développement immobilier se cantonnant aux extrémités nord et sud du golfe, bordées par deux ports, Rosas et L'Escala. En continuant vers le sud, on retrouve une côte rocheuse et escarpée qu'entaillent des calanques aux eaux claires, avec un arrière-plan de montagnes verdoyantes. Jusqu'à Palamos, le caractère accidenté du paysage a contribué à sa préservation: à part quelques grands hôtels, hélas trop visibles de la mer, on n'y aperçoit que des villas disséminées dans les pinèdes littorales. Ajoutons que cinq grands ports de plaisance permettent à tout moment de trouver un abri sûr en cas de mauvaise météo, ce qui assez rare durant la belle saison. La côte au-delà de Palamos, vers Barcelone, frappée de "bétonnite" aiguë, n'a plus rien de Brava.
Les portsL'Escala (La Clota)Fruits de mer et poissons frais (42°07,0' N - 3°08,7 E) L'ancien hameau de pêcheurs a disparu sous les immeubles modernes et le port, qui abrite une importante flotte de chalutiers, compte aujourd'hui trois bassins. A défaut d'être pittoresque, il est tranquille, bien abrité et l'on y trouve de bons restaurants de poisson. Situé à l'extrémité sud du golfe de Rosas, il est facile d'accès.
AmpuriabravaEvitez les heures de pointe (42°14,7 N - 3°08,1' E) Une grande tour panoramique facilite le repérage de cette immense marina (des kilomètres de canaux et des milliers de places, dont 300 pour les visiteurs) creusée dans les marais de l'Emporda. L'accueil est courtois et l'abri est parfait mais sans charme. L'été, le canal d'accès est embouteillé aux heures de pointe (16 h-20 h entrant, 10 h-12 h en sortant) et l'accès est dangereux par houle d'est. Ne pas confondre avec Santa Margarida, marina du même type à un mille plus au nord, où rien n'est prévu pour les bateaux de passage.
L'EstartitLe meilleur accueil de la côte (42°03,1' N - 3°12,4' E) L'escale la plus sympathique de la côte, adossée à un gros promontoire rocheux qui l'abrite de la tramontane. L'ambiance est bon enfant et l'ancien village n'a pas disparu sous le béton. L'accès est facile et l'accueil au club nautique aimable et efficace, avec un agréable bar-restaurant. L'endroit idéal pour laisser le bateau et partir en excursion.
PalamosDeux ports au choix (41°50,5 N - 3°07,1 E) Cette grande station balnéaire est dotée de deux ports. Le premier, à l'ouest de la pointe del Molino (vieux port, partagé entre commerce, pêche et plaisance), est plus près du centre ville mais les places pour visiteurs y sont comptées, l'autre, à l'est (marina de Palamos, réservée à la plaisance), est mieux équipé. Le centre ancien a un certain cachet mais le béton a envahi les rivages voisins.
Autres portsRosas : rien n'est prévu pour recevoir les plaisanciers, mais cet important port de pêche, accessible par tous les temps, peut servir de refuge temporaire en cas de nécessité. Santa Margarida : à un mille au nord d'Ampuriabrava, cette marina est elle aussi creusée dans les marais côtiers. Partiellement à l'abandon, elle n'offre aucune structure d'accueil et l'entrée tend à s'ensabler. A éviter. Llafranch : un petit bassin, saturé l'été, accueille des bateaux de 8-9 m maxi. Hors saison, on peut parfois y trouver une place. Station de carburant.
MouillagesCadaquès, petit Saint-Trop' catalan(42°17, 7' N - 3°17,6 E/42°17,0 N - 3°17,0 E) C'est à Port Lligat que Salvador Dali avait élu domicile et sa maison aux murs surmontés d'oeufs géants y est facilement identifiable sur le rivage encore largement désert. Ce bel abri est plus petit mais mieux protégé que la baie de Cadaquès. Il faut parer les rochers Ferrera, du côté est de l'entrée. Le meilleur mouillage est entre la terre ferme et l'île de Port Lligat où le fond remonte vite à moins de 2 m. La baie de Cadaquès, avec son beau village blanc en toile de fond, est plus vaste et facile d'accès mais les innombrables corps-morts installés l'été obligent à mouiller assez loin du village, sur des fonds de 12 à 18 m de tenue irrégulière.
Cala Mongo, le bel ancrage(42°06,2' N - 3°10,5' E) Un des plus beaux mouillages de la Costa Brava, spacieux et abrité des vents dominants de nord-ouest et sud-est, avec une plage de sable dans un cadre verdoyant. L'entrée est large et franche, et les nombreux corps-morts installés devant la plage laissent beaucoup de place pour mouiller. Des villas chaque année plus nombreuses s'étagent sur la côte nord mais la côte sud reste totalement sauvage. Comme elle est mieux abritée du sud-est, cela fait deux bonnes raisons de la préférer, en ancrant par 6 à 15 m d'eau au pied de falaises ocre couronnées de pins et de maquis.
Les îles Medas, jalousement protégées(42°02,6' N - 3°13,1' E) Ces îles que surmonte un phare portant à 14 milles étaient autrefois habitées par quelques bergers. Intégrées dans un parc naturel terrestre et marin, elles offrent, à proximité du port de L'Estartit, une escale superbe au pied de falaises rocheuses où nichent des milliers d'oiseaux. Les limites du parc sont indiquées par des bouées jaunes, la vitesse ne doit pas dépasser 3 noeuds et le mouillage est interdit pour préserver les fonds. On s'amarre aux bouées de corps-morts pour visiteurs, au sud-ouest de Meda Grande (une centaine, rouges pour les bateaux de moins de 9 m, blanches pour les plus grands, oranges pour les bateaux de plongée). Arrivez tôt pour avoir une place car l'endroit est très fréquenté. La faune sous-marine est riche mais la plongée en bouteille y est soumise à une autorisation préalable à demander au bureau du tourisme des îles Medas (port de L'Estartit, avenido de Ibiza).
Llafranch, un joli bourg au bord de l'eau(41°53,4' N - 3°11,6 E) Cet ancien village de pêcheurs en bordure d'une belle anse verdoyante garde son charme malgré l'affluence estivale. Le petit port situé du côté nord est occupé par les résidents en saison mais on peut mouiller par beau temps face au village, à l'extérieur de la zone de corps-morts (12-18 m d'eau). Les soirées en terrasse sous les tamaris du bord de mer y sont délicieusement romantiques.
Nos autres mouillages préférésAu nord et au sud de Cadaquès, la côte du cap Creus offre de beaux ancrages déserts ou presques. Nos préférés sont les calas Guillola, Jonculls et Monjoy, cette dernière étant la plus sûre par tramontane. En baie de Rosas, on mouille par beau temps ou vent de terre devant la grande plage déserte de l'Emporda (prendre garde aux bancs de sable variables). Les bateaux y sont nombreux dans la journée mais la plupart lèvent l'ancre en fin d'après-midi. Au nord de L'Estartit, l'îlot Pedrosa, tout près du rivage, cache une minuscule et superbe cala accessible par beau temps, avec 5-9 m d'eau au centre. Arrivez le soir car les vedettes touristiques y défilent dans la journée. Du cap Nègre à Palamos, la belle côte rocheuse offre de nombreux creux de roches praticables par beau temps. Les grandes calas sont, en revanche, difficiles d'accès l'été car largement occupées par des bouées d'amarrage. Essayez tout de même les calas Sa Tuna, bordée par des bars à tapas, d'Aiguablava et Tamariu, verdoyante et encore peu bétonnée.
Informations pratiquesClimat, météo, documents nautiques...Climat et météo La haute chaîne des Pyrénées marque une frontière climatique au sud de laquelle les températures moyennes sont sensiblement plus élevées que sur le Languedoc-Roussillon, un avantage pour les croisières d'avant et d'arrière-saison si l'on veut éviter la grande marée touristique estivale. Les meilleures périodes sont juin, début juillet et septembre qui cumulent des températures chaudes mais sans canicule, une météo clémente et la tranquillité dans les ports et les mouillages. De juin à septembre, les vents sont la plupart du temps faibles à modérés, avec des brises thermiques qui dépassent parfois force 4 (notamment dans le golfe de Rosas et devant la plaine de Pals). Deux vents sont toutefois à craindre: la tramontane qui souffle du nord-ouest (avec des déviations locales à l'ouest ou au nord) et le garbi qui souffle du sud-est. La première est particulièrement redoutable dans les parages du cap Creus où elle dépasse force 10 plusieurs fois par an. La mer "fume" alors jusqu'à plusieurs milles au large dans toute la zone du cap Béar au cap Creus. Doubler ces deux caps contre la tramontane est absolument déconseillé, d'autant plus que le courant portant au sud peut alors dépasser 1,5 noeud. Mieux vaut attendre l'accalmie dans un port ou un mouillage du golfe de Rosas. Heureusement la tramontane est relativement rare l'été et elle s'atténue vite quand on descend vers le sud. Le garbi, fréquent l'hiver, est lui aussi assez rare l'été. C'est heureux car il lève une houle qui rend dangereux de nombreux mouillages. Préparez-vous à lever l'ancre si une houle du large se forme car elle annonce souvent du garbi pour les heures à venir.
Documents nautiques Cartes: la 7505 du Shom (1/93500, de la frontière franco-espagnole à San Feliu de Guixols) comprend toute la zone décrite ici. C'est la plus pratique pour la navigation. On la complétera utilement par la 7298 qui fournit des plans de détail au 1/20000. Guides: le livre de bord Bloc Marine Méditerranée fournit tous les plans de port et de bonnes informations sur les services.Enfin le Pilote côtier (Alain Rondeau, éd. Praxys) est précieux pour les mouillages et la navigation côtière, avec de nombreuses photos et des plans de la plupart des calanques.
A voir
Le phare du cap Creus: Sentinelle postée sur les roches noires du cap Creus, ce puissant phare signale la frontière nord de la Costa Brava. Cadaquès : C'est l'escale à ne pas manquer sur cette côte, avec de bons mouillages dans la baie. Il faut se promener dans les ruelles fleuries de ce village tout blanc où résidèrent Dali et Picasso. Les églises catalanes: Romanes, gothiques ou plus récentes, en pierre de taille ou blanchies à la chaux, les églises méritent quelques détours.

Côte des calanques : Entre l'Escala et L'Estartit, la côte escarpée présente de nombreuses anfractuosités baignées d'eau cristalline où l'on peut jeter l'ancre par beau temps en s'amarrant aux rochers du rivage. Les barques de pêche : Si ces embarcations traditionnelles ont perdu leur voilure depuis longtemps, elles sont toujours entretenues avec un soin amoureux.
A visiterFigueras, théâtre-musée Dali Splendide! Dali l'a lui-même mis en scène dans l'ancien théâtre de la ville incendié lors de la guerre civile. La paranoïa critique du plus célèbre des surréalistes s'y exprime dans toute sa démesure. La maîtrise absolue des techniques picturales s'y conjugue à un onirisme flamboyant qui ne peut laisser indifférent. Ce musée est le plus visité d'Espagne après le Prado et il faut donc y arriver dès l'ouverture pour éviter la foule (il a aussi un "creux" vers 14 heures).

Bégur, le Moyen Age catalan Un village médiéval juché sur un promontoire rocheux que domine un splendide château fort. Beau panorama du haut des remparts sur la côte et la campagne au sud de L'Estartit. La Bisbal, le marché artisanal Ce gros bourg rural typique de la région est célèbre pour ses poteries rustiques, vendues dans toute la Catalogne depuis des siècles. C'est aussi devenu, avec le tourisme, un centre de brocante et d'antiquités régionales.
Le parc naturel des îles MedasCette réserve maritime, la première créée par le gouvernement catalan en 1985, est un vrai succès écologique. Depuis que la zone est protégée, les poissons y prolifèrent et les plongées y sont à la fois spectaculaires et techniquement sans difficulté (en général à moins de 20 m). On croise toutes les espèces méditerranéennes, en particulier de gros mérous pas farouches du tout. La plongée en apnée est libre mais, pour la plongée avec bouteilles, il faut une autorisation délivrée par le bureau du tourisme des îles Medas, à L'Estartit (moyennant présentation d'un brevet de plongée et des papiers et assurance du bateau, avec une taxe de 2,27 e par plongeur). Si l'on n'a pas d'équipement à bord, on trouve au port de L'Estartit plusieurs bateaux organisant des plongées aux îles (Unisub, Estartit Sub, Rey del Mar, Calypso, etc.). Avantages de ces derniers, ils vous amènent directement sur les spots les plus intéressants.
RestaurantsEl Posit dels Pescadors Sur le port de L'Escala, c'est notre préféré dans la région, pas pour le cadre (l'environnement du port de pêche manque de charme) mais pour ses poissons tout frais pêchés, à l'instar des succulentes sardines a la plancha avec un soupçon d'ail et de fines herbes. 15 à 40 euros suivant la catégorie de poisson et l'appétit.
Port de Llafranch Bon choix de restaurants au bord de mer. Simpsons offre des recettes inventives inspirées de la cuisine traditionnelle régionale. Aujourd'hui très connu et un peu surfait tout de même (35-45 e à la carte). Plus classique et très soigné, le restaurant de l'hôtel Llafranch respecte la tradition gastronomique locale à la lettre, avec un service impeccable (40-70 euros).
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Mise à jour le Mercredi, 07 Mai 2008 12:42 |
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