Saint-Martin, Anguilla, Saint-Barthélemy
Sur ce bouquet d'îles enchanteresses, on entend parfois des
propos peu flatteurs : trop peuplé, surfait, trop connu... Mais toute personne y ayant vécu une
croisière paisible, ponctuée de mouillages sauvages, ne manquera pas de
rectifier en rappelant que la navigation y demeure parmi les plus belles des
petites Antilles !
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Facile : c'est le terme qui prime lorsqu'on évoque la
location et la navigation autour de ces bouts de France... et d'à côté. Facile,
parce qu'à tout juste huit d'heures d'avion de la métropole. Facile, car la
marina où vous attend votre bateau est à proximité de l'aéroport. Facile, parce
que les étapes qui composeront votre croisière seront courtes, sûres et
toujours dépaysantes. Et facile enfin car le vent ne manque jamais. Plaisir de
voile garanti !
Base d'Oyster Pond, dans la partie est de Saint-Martin : une
baie extrêmement bien fermée où la frontière vient étonnamment détourer les
pourtours de la marina. Ici, vous êtes en France sur le quai et aux Pays-Bas sur
le bateau. Cocasse !
Hauts-fonds à contourner (bien balisés mais pas d'entrée de
nuit possible) dès la pointe passée et vous voilà cueilli par le vent et la
houle dans le nez. Le ton est donné d'entrée, et nous retrouverons ce phénomène
de toute part autour de ces îles finalement assez exposées : dès que l'on
quitte un abri, c'est l'Atlantique en direct, avec vent (alizé bien établi
l'hiver) et mer (belle) de circonstance. En somme, du bonheur, tout de suite !
Les Robinson à Saint-MartinSur une semaine de vacances, tout programme de croisière est
envisageable puisque les différentes escales incontournables se situent
sensiblement à égale distance les unes des autres. Nous choisirons pour notre
part d'actionner le clignotant à droite pour contourner Saint-Martin par le
sud. Premier mouillage très vite atteint face à Philipsburg, la capitale
néerlandaise, pour une baignade dans le turquoise (nombreuses tortues en
surface malgré les passages de bateaux !) et pour le pittoresque du village,
coloré, vivant, dont les ruelles regorgent de boutiques de produits de luxe
détaxés. Pour amateurs... Le reste de la côte sud se dévale toujours au portant,
longeant de jolies plages de sable blanc où - et cela ne s'applique qu'à cette
partie hollandaise de l'île - les grues
disputent l'espace aux nombreux complexes hôteliers. Mouillages bien
abrités et calmes cependant, à la condition d'éviter la fameuse petite plage
sur Maho Bay (d'ailleurs fermée par des bouées) que frisent Boeing, Airbus et
autres gros porteurs à l'atterrissage... Deux milles de plus sont nécessaires
pour contourner la pointe Basse-Terre (la plus à l'ouest) et entrer sous le
vent de l'île à Marigot, chef-lieu de la zone française. Rien ne manque dans
cette « capitale » pour l'avitaillement, la restauration, trouver la manille
manquante chez le shipchandler (marina de Port La Royale) ou, là aussi, le
produit de marque détaxé. Beaucoup plus pittoresque sera l'escale dans la baie de
Grand Case, un peu plus au nord, qui offre un superbe mouillage face à une enfilade
de bâtisses colorées le long de la plage. Dans la rue principale et
commerçante, qui fleure bon l'authentique ambiance caribéenne, une bonne
trentaine de restaurants s'offrent au visiteur-plaisancier-touriste. Tous les
prix et tous les styles sont possibles ici : du « lolo » antillais au
restaurant haut de gamme, c'est quasiment un tour du monde culinaire que l'on
peut trouver. L'escale à Tintamarre, cette petite île inhabitée au
nord-est de Saint-Martin, est un autre must. Mouillé en sécurité face à
l'unique grande plage du site, vous voilà prêt à arpenter les sentiers et jouer
les Robinson parmi les coqs, paons et autres chèvres sauvages. Situé à portée
de fusil des grands complexes hôteliers de la côte (deux milles à peine), voilà
qui ne manque pas de piquant. Et, toujours dans la série « une île pour moi
tout seul », nous aurons le privilège de découvrir en fin d'après-midi l'îlet
Pinel (en face de Tintamarre, à l'entrée de la baie Orientale), à cette heure
totalement désertée de ses touristes. La langue de sable qui fuit en pente
douce entre deux eaux est aussi atypique que spectaculaire. La carte postaleCap au nord vers
Anguilla pour un joli bord d'à peine dix milles tribord armure au débridé. Si
la partie sud de l'île regorge de belles plages devant les hôtels (attention
aux patates de corail !), c'est du côté nord de l'île que le dépaysement est
assuré. La clearance d'entrée sur le territoire doit se faire à Road Bay, la
capitale (et seul endroit pour passer la nuit), à laquelle s'ajoute une taxe à
payer pour entrer dans la réserve naturelle d'Anguilla, qui gère notamment
Sandy Island et Prickly Pear. Ces îlots sauvages méritent vraiment le détour :
image de carte postale garantie et plongée exotique à la clé. Pour y être
vraiment tranquille, il convient d'atterrir tôt le matin afin d'éviter
l'affluence de touristes en provenance des hôtels ! Tant mieux, après la
baignade, le farniente et l'incontournable photo souvenir, cela donne le temps
d'enchaîner une belle navigation vers le sud pour la suite de la croisière. Un coin de paradisDirection Saint-Barthélemy la fameuse, avec escale en chemin
à l'île Fourche, totalement pelée et aride. Ce surprenant bout de caillou - une
tête de cratère qui dépasse de l'océan - offre dans son unique baie un abri
très sûr le temps d'une excursion ou d'une baignade. Prise de coffre
obligatoire ici. Saint-Barth', par son décor, sa population, son architecture
et son ambiance, reste unique et atypique aux Antilles, un peu comme les
Saintes le sont par rapport aux îles voisines. C'est devant Gustavia, la
capitale, qu'il faudra mouiller, ne serait-ce que le temps de satisfaire aux
formalités, obligatoires même pour les Français venant de Saint-Martin. Avec
l'anse du Grand Colombier au nord de l'île (la baie où Rockefeller a fait
construire dans les années soixante), Gustavia est le seul lieu de mouillage
sûr et confortable. Il y a ici beaucoup de bateaux, d'énormes yachts, et même
des paquebots de passage presqu'au quotidien, mais l'atmosphère dans la ville
semble à jamais paisible, presque nonchalante. Un petit coin de paradis qui
mérite d'être goûté et parcouru de long en large (nombreux taxis au départ de
Gustavia). Au final, en une semaine tout juste, on est surpris par la
diversité des paysages et le nombre d'escales effectuées sur cette destination.
Les distances étant courtes et les possibilités nombreuses, on peut en une
journée se baigner en différents endroits, s'offrir une jolie tranche de
navigation et dîner le soir en des lieux radicalement différents en termes de
cadre, population ou ambiance."
Informations pratiquesY aller Vol direct et quotidien depuis Paris. Sur place, nombreuses
connexions possibles pour Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), ce qui peut être une
autre piste d'accès. Billet Paris/Saint-Martin AR à partir de 500 € environ. Les prix
grimpent facilement à plus de 1
100 € en période de congés scolaires !

FormalitésSimple carte d'identité pour Saint-Martin et Saint-Barth, mais passeport obligatoire pour entrer à Anguilla. Clearance
obligatoire (quelques dollars à chaque fois) lors de toute arrivée sur une
nouvelle destination. Tout l'équipage doit être présent au contrôle de police.
DevisesEuro pour toutes les zones françaises et dollar US partout
ailleurs. Mais, à Saint-Martin et Saint-Barth, les boutiques et
restaurants affichent tous cet étonnant écriteau : 1 € = 1$. A ce prix-là, optez systématiquement pour le billet vert !
La locationNombreux sont les loueurs implantés sur Saint-Martin, et pas
mal d'unités différentes sont disponibles. Nous avons choisi pour notre part de
profiter des avantages d'un catamaran. En l'occurrence, un Leopard 40 de chez
Moorings, facile à manœuvrer, confortable et très bien équipé pour huit
personnes. Comptez pour cet exemple précis environ 4 000 € la semaine. Bien
sûr, promotions, offres spéciales ou autres périodes creuses sont à observer de près.
La navigationPour ceux qui connaissent d'autres zones de navigation dans
les petites Antilles, pas de changement notable sur ces îles du nord : en
hiver, l'alizé reste généralement bien établi E/NE, de 15 à 18 nœuds en
moyenne, et la mer belle.Les principaux hauts-fonds sont parfaitement
identifiés et répertoriés sur les cartes et instructions nautiques. Une fois de
plus, et à moins de connaître le coin comme sa poche, nous ne saurions que trop
déconseiller la navigation de nuit : sur de nombreux atterrissages, la couleur
de l'eau reste en effet l'élément d'information prédominant. Côté balisage, notez que vous serez ici en système
américain, soit inversé par rapport à chez nous.
GuidesL'incontournable Patuelli, de préférence en version récente.
Balises de danger et autres marques de mouillage par exemple peuvent changer
rapidement, notamment dans les réserves. Le célèbre Doyle pour les Leeward
Islands (d'Anguilla à la
Dominique) est l'autre guide incontournable, très bien
renseigné. Uniquement en anglais. A noter la sortie du nouveau Turquoise, plus
touristique mais très bien fait et suffisant pour l'approche sur les différents
mouillages.

RemerciementsA notre loueur Moorings et à son équipe à Saint-Martin qui
nous ont grandement simplifié la tâche dans l'organisation de ce reportage.
Les waypoints de BateauxSaint-MartinGreat Bay : 18° 01' 22" N / 63° 03' 00" W Simpson Bay : 18° 02' 07" N / 63° 05' 52" W Marina Oyster Pond : 18° 03' 07'' N / 63° 00' 55" W Baie de Marigot : 18° 04' 11" N / 63° 05' 15" W Baie de Grand Case : 18° 06' 06" N / 63° 03' 26" W Anse Marcel : 18° 07' 00" N / 63° 02' 27" W Tintamarre : 18° 07' 02" N / 62° 90'21" W Baie Orientale : 18° 05' 42" N / 63° 01' 00" W AnguillaCove Bay : 18° 09' 81" / 63° 08' 00" W Rendez-vous Bay : 18° 10' 50" N / 63° 06' 45" W Road Bay : 18° 12' 15" N / 63° 50' 65" W Sandy Island : 18° 12' 47" N / 63° 06' 00" W Prickly Pearl: 18° 15' 65" N / 63° 62' 05" W Saint-BarthélémyGustavia : 17° 54' 00" N / 62° 51' 15" W Baie de Saint-Jean : 17° 54' 25" N / 62° 50' 09" W Anse de Grand Colombier : 17° 55' 25" N / 62° 52' 17" W |
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