L'archipel des surprises
La Désirade, Marie-Galante, les Saintes, satellites enchanteurs de la Guadeloupe, bordés de lagons d'opale ou de mornes verdoyants, offrent un canevas idéal pour des croisières d'une semaine. Avec quelques jours de plus, on pointera l'étrave vers les charmes d'Antigua. |
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Présentation
Le fracas de la chaîne qui file trouble un instant la quiétude du lagon de Petite Terre avant que l'ancre ne vienne crocher sur un fond de sable blanc, immobilisant notre Dufour 38. La transparence est telle qu'on pense toucher le fond du bout des doigts. Pas de risque, il y a 4 mètres d'eau! A tribord, de jeunes cocotiers s'inclinent sur une langue de sable immaculé, tandis qu'à quelque distance se dresse le plus vieux phare des Antilles, sentinelle perdue de ce double îlot peuplé de milliers d'oiseaux et d'iguanes craintifs. Sous le charme, l'équipage garde un instant le silence... avant de plonger avec délices dans l'eau claire, proche de 25 °C. Je mesure notre chance car il arrive que cet ancrage de rêve, où pullulent les poissons multicolores, soit inaccessible, quand la houle vire au nord et vient déferler dans la passe d'entrée. Oubliée la grisaille glacée de l'hiver parisien, quitté il y a juste trois jours! Depuis notre départ de la base Sunsail de Pointe-à-Pitre, tout est lumière, et la magie se renouvellera de jour en jour au fil de cette croisière dans les eaux guadeloupéennes. Car le charme particulier de cet archipel, c'est qu'aucune escale n'y ressemble à une autre. N'oublions pas qu'avant sa découverte par Christophe Colomb, en 1493, la Guadeloupe s'appelait Karukera, « l'Ile aux belles eaux »... Avec ses îles peu éloignées les unes des autres, le sud de la Guadeloupe offre un bassin de navigation très riche, idéal pour les croisières courtes. On peut y inclure la Dominique où l'on trouvera, à environ 15 milles au sud des Saintes, des ancrages aussi beaux que tranquilles.
Carnet de routeLes Saintes : l'authenticité préservée
Pointe-à-Pitre a l'une des meilleures rades des Antilles. Dès la sortie
de l'avion, la chaleur tropicale nous saisit et, grâce au taxi Sunsail,
nous rejoignons aussitôt la base du Lagon Bleu, frangée de jardins
luxuriants. Julie, tout sourire, nous y accueille pour le chek in
d'embarquement, vite réglé. Une heure plus tard, installés à bord de
notre Dufour 38 où l'avitaillement a été fait par le loueur, nous
sirotons un ti'punch dans la douceur du crépuscule. Après une nuit
réparatrice, nous appareillons, non sans avoir fait le plein d'ananas,
corossols, bananes et légumes frais au marché coloré de Pointe-à-Pitre.
Un long bord de près vers Marie-Galante permet de prendre la mesure du
confort de navigation dans l'alizé, tout dessus, bercé par la houle
tranquille de l'Atlantique. Trois heures plus tard, nous nous baignons
devant la plage déserte de Vieux Fort, avant de venir mouiller pour la
nuit près du débarcadère de Saint-Louis, face à une de mes adresses
favorites, le restaurant Aux plaisirs des pêcheurs. Nous y savourerons
un succulent colombo de poisson face au soleil couchant. Le
lendemain, visite de cette belle île campagnarde, tout ondulée de
champs de cannes à sucre qui donnent les meilleurs rhums antillais,
avant de reprendre notre périple vers la Petite Terre, déjà évoquée, où
l'on aimerait jouer les Robinson plus longtemps. C'est à regret que
l'on lèvera l'ancre pour gagner Saint-Francois, sur la côte sud de la
Grande-Terre, dont le lagon offre un ancrage plus agréable que la
marina bordée de bars et de restaurants. La Désirade est à 15 milles au
vent mais, pour y avoir déjà relâché, je sais que son petit port est
peu confortable et mes équipiers ne semblent pas enclins à tirer des
bords jusque-là. Nous prendrons donc la navette du matin pour visiter
cette belle île aux airs de bout du monde, avec son vieux bourg de
pêcheurs, ses eaux de cristal et ses longues plages à cocotiers. Le
matin suivant, nous mettrons les voiles vers Les Saintes, dont Alain
Gerbault avait fait son paradis. Quoiqu'aujourd'hui très fréquenté, ce
micro-archipel où vivent les meilleurs pêcheurs des Caraïbes a su
préserver son authenticité. Nous y passerons deux jours de mouillage en
mouillage avant de revenir vers Pointe-à-Pitre, pleins de souvenirs
ensoleillés.
En deux semaines, pas
d'hésitation, montez jusqu'à Antigua, voire Barbuda (l'île oubliée, de
sable et de corail), en partant par Marie-Galante, avec retour par la
côte sous le vent et les Saintes. Les mouillages sont bien abrités
partout, sauf à la Désirade où seul le port, petit et d'accès
difficile, est protégé. Marie-Galante reste peu fréquentée avec des
plages désertes et un excellent ancrage en baie de Saint-Louis, le port
de Grand Bourg n'ayant, lui, aucun intérêt. Petite Terre reste un must,
une fois partis les grands catas « à touristes » qui y viennent dans la
journée. Les Saintes sont fréquentées mais on peut tout de même y être
tranquille (îlet Cabrit). Antigua regorge de mouillages superbes et
très abrités. Le retour sur Pointe-à-Pitre, au près, se fait rarement en un seul
bord. Ce programme est modulable: on peut sauter une étape ou la
remplacer par un crochet vers la Dominique.

Sites à voirSaint-Louis de Marie-Galante : A Saint-Louis de Marie-Galante, le mouillage est toujours tranquille à proximité du bourg, devant la plage où les pêcheurs tirent leurs barques.
Le Pain de Sucre : Le Pain de Sucre, aux Saintes, un mouillage plus tranquille le matin, avant l'arrivée des bateaux touristiques.
Cimetière de Beauséjour (la Désirade) : Derrière les cocotiers de la plage, le petit cimetière de Beauséjour (la Désirade) porte un nom idéal pour un repos éternel.
L'habitation Murat : L'habitation Murat, ancien domaine colonial de Marie-Galante, transformé en musée.
Petite Terre : Petite Terre, un lagon de jade entre deux îlots déserts, bien abrité par une barrière de corail.
Antigua : A Antigua, toutes les cases ne sont pas aussi pimpantes que celle-ci.
La Désirade : Battue par la houle du large, la Désirade reste très préservée en raison de sa difficulté d'accès.
Marie-Galante : A Marie-Galante, les camions n'ont pas remplacé tous les chars à boeufs pour porter la canne à sucre aux distilleries.
Deshayes : Deshayes, meilleure baie de la côte sous le vent de Guadeloupe, peut accueillir de nombreux bateaux sans que l'on s'y sente à l'étroit.
Informations pratiquesAvitaillementChargez à Pointe-à-Pitre où il y a tout, complétez dans les îles (joli marché à Grand Bourg de Marie-Galante). Bons restaurants partout. Points d'eau à Saint-François, Marie-Galante (avec bidons), aux Saintes (correspondant Sunsail) et à Antigua (English Harbour, Falmouth, Parham Marina).
BudgetBudget réel de croisière sur un Dufour 38, 3 cabines, 6/8-couchettes en mars 2001: 14800 F pour le bateau soit 2466 F par personne à six. Total par personne avec avion et dépenses croisière, locations de voitures incluses: 6900 F.
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