Sommaire du n°645
La Guadeloupe et ses îles Imprimer Envoyer
Écrit par J. Anglès   
Dimanche, 30 Janvier 2005 01:00

L'archipel des surprises

La Désirade, Marie-Galante, les Saintes, satellites enchanteurs de la Guadeloupe, bordés de lagons d'opale ou de mornes verdoyants, offrent un canevas idéal pour des croisières d'une semaine. Avec quelques jours de plus, on pointera l'étrave vers les charmes d'Antigua.
 

Présentation

Le fracas de la chaîne qui file trouble un instant la quiétude du lagon de Petite Terre avant que l'ancre ne vienne crocher sur un fond de sable blanc, immobilisant notre Dufour 38. La transparence est telle qu'on pense toucher le fond du bout des doigts. Pas de risque, il y a 4 mètres d'eau! A tribord, de jeunes cocotiers s'inclinent sur une langue de sable immaculé, tandis qu'à quelque distance se dresse le plus vieux phare des Antilles, sentinelle perdue de ce double îlot peuplé de milliers d'oiseaux et d'iguanes craintifs. Sous le charme, l'équipage garde un instant le silence... avant de plonger avec délices dans l'eau claire, proche de 25 °C. Je mesure notre chance car il arrive que cet ancrage de rêve, où pullulent les poissons multicolores, soit inaccessible, quand la houle vire au nord et vient déferler dans la passe d'entrée. Oubliée la grisaille glacée de l'hiver parisien, quitté il y a juste trois jours! Depuis notre départ de la base Sunsail de Pointe-à-Pitre, tout est lumière, et la magie se renouvellera de jour en jour au fil de cette croisière dans les eaux guadeloupéennes. Car le charme particulier de cet archipel, c'est qu'aucune escale n'y ressemble à une autre. N'oublions pas qu'avant sa découverte par Christophe Colomb, en 1493, la Guadeloupe s'appelait Karukera, « l'Ile aux belles eaux »... Avec ses îles peu éloignées les unes des autres, le sud de la Guadeloupe offre un bassin de navigation très riche, idéal pour les croisières courtes. On peut y inclure la Dominique où l'on trouvera, à environ 15 milles au sud des Saintes, des ancrages aussi beaux que tranquilles.
 


Carnet de route

Les Saintes : l'authenticité préservée

Pointe-à-Pitre a l'une des meilleures rades des Antilles. Dès la sortie de l'avion, la chaleur tropicale nous saisit et, grâce au taxi Sunsail, nous rejoignons aussitôt la base du Lagon Bleu, frangée de jardins luxuriants. Julie, tout sourire, nous y accueille pour le chek in d'embarquement, vite réglé. Une heure plus tard, installés à bord de notre Dufour 38 où l'avitaillement a été fait par le loueur, nous sirotons un ti'punch dans la douceur du crépuscule. Après une nuit réparatrice, nous appareillons, non sans avoir fait le plein d'ananas, corossols, bananes et légumes frais au marché coloré de Pointe-à-Pitre. Un long bord de près vers Marie-Galante permet de prendre la mesure du confort de navigation dans l'alizé, tout dessus, bercé par la houle tranquille de l'Atlantique. Trois heures plus tard, nous nous baignons devant la plage déserte de Vieux Fort, avant de venir mouiller pour la nuit près du débarcadère de Saint-Louis, face à une de mes adresses favorites, le restaurant Aux plaisirs des pêcheurs. Nous y savourerons un succulent colombo de poisson face au soleil couchant.
Le lendemain, visite de cette belle île campagnarde, tout ondulée de champs de cannes à sucre qui donnent les meilleurs rhums antillais, avant de reprendre notre périple vers la Petite Terre, déjà évoquée, où l'on aimerait jouer les Robinson plus longtemps. C'est à regret que l'on lèvera l'ancre pour gagner Saint-Francois, sur la côte sud de la Grande-Terre, dont le lagon offre un ancrage plus agréable que la marina bordée de bars et de restaurants. La Désirade est à 15 milles au vent mais, pour y avoir déjà relâché, je sais que son petit port est peu confortable et mes équipiers ne semblent pas enclins à tirer des bords jusque-là. Nous prendrons donc la navette du matin pour visiter cette belle île aux airs de bout du monde, avec son vieux bourg de pêcheurs, ses eaux de cristal et ses longues plages à cocotiers. Le matin suivant, nous mettrons les voiles vers Les Saintes, dont Alain Gerbault avait fait son paradis. Quoiqu'au­jourd'hui très fréquenté, ce micro-archipel où vivent les meilleurs pêcheurs des Caraïbes a su préserver son authenticité. Nous y passerons deux jours de mouillage en mouillage avant de revenir vers Pointe-à-Pitre, pleins de souvenirs ensoleillés.
En deux semaines, pas d'hésitation, montez jusqu'à Antigua, voire Barbuda (l'île oubliée, de sable et de corail), en partant par Marie-Galante, avec retour par la côte sous le vent et les Saintes.
Les mouillages sont bien abrités partout, sauf à la Désirade où seul le port, petit et d'accès difficile, est protégé. Marie-Galante reste peu fréquentée avec des plages désertes et un excellent ancrage en baie de Saint-Louis, le port de Grand Bourg n'ayant, lui, aucun intérêt. Petite Terre reste un must, une fois partis les grands catas « à touristes » qui y viennent dans la journée. Les Saintes sont fréquentées mais on peut tout de même y être tranquille (îlet Cabrit). Antigua regorge de mouillages superbes et très abrités.
Le retour sur Pointe-à-Pitre, au près, se fait rarement en un seul bord. Ce programme est modulable: on peut sauter une étape ou la remplacer par un crochet vers la Dominique.

 

Sites à voir

Saint-Louis de Marie-Galante : A Saint-Louis de Marie-Galante, le mouillage est toujours tranquille à proximité du bourg, devant la plage où les pêcheurs tirent leurs barques.

Le Pain de Sucre : Le Pain de Sucre, aux Saintes, un mouillage plus tranquille le matin, avant l'arrivée des bateaux touristiques.

Cimetière de Beauséjour (la Désirade) : Derrière les cocotiers de la plage, le petit cimetière de Beauséjour (la Désirade) porte un nom idéal pour un repos éternel.

L'habitation Murat : L'habitation Murat, ancien domaine colonial de Marie-Galante, transformé en musée.

Petite Terre : Petite Terre, un lagon de jade entre deux îlots déserts, bien abrité par une barrière de corail.

Antigua : A Antigua, toutes les cases ne sont pas aussi pimpantes que celle-ci.

La Désirade : Battue par la houle du large, la Désirade reste très préservée en raison de sa difficulté d'accès.

Marie-Galante : A Marie-Galante, les camions n'ont pas remplacé tous les chars à boeufs pour porter la canne à sucre aux distilleries.

Deshayes : Deshayes, meilleure baie de la côte sous le vent de Guadeloupe, peut accueillir de nombreux bateaux sans que l'on s'y sente à l'étroit.



Informations pratiques

Avitaillement

Chargez à Pointe-à-Pitre où il y a tout, complétez dans les îles (joli marché à Grand Bourg de Marie-Galante).
Bons restaurants partout. Points d'eau à Saint-François, Marie-Galante (avec bidons), aux Saintes (correspondant Sunsail) et à Antigua (English Harbour, Falmouth, Parham Marina).

Budget

Budget réel de croisière sur un Dufour 38, 3 cabines, 6/8-couchettes en mars 2001: 14800 F pour le bateau soit 2466 F par personne à six. Total par personne avec avion et dépenses croisière, locations de voitures incluses: 6900 F.
Mise à jour le Mercredi, 07 Mai 2008 12:24