Sommaire du n°645
Maupiti Imprimer Envoyer
Écrit par Sébastien Laugier   
Samedi, 30 Avril 2005 01:00

L'île préservée

Maupiti, île magique, justement surnommée la perle du Pacifique, se situe à vingt milles de Bora Bora. Quelques encablures qui préservent des surcharges touristiques.
 

Présentation

Soleil, fleurs de tiaré, lagons translucides, poissons multicolores : si l'image d'Epinal de Tahiti est étonnamment fidèle à la réalité, elle ne suffit pas à masquer un autre aspect des îles du Pacifique : le tourisme de masse. Heureusement, il reste des lieux magiques et peu fréquentés. En particulier Maupiti (prononcez Ma-o-piti). Située à une vingtaine de milles à l'ouest de sa grande soeur, Bora Bora, protégée par sa passe souvent mauvaise, l'île a su garder son charme originel. On y trouve seulement quelques auberges typiques et un petit village, écrasé de chaleur le jour de notre visite.
La passe d'Onoia, la seule praticable en voilier (il en existe une autre réservée aux barques), est très étroite et encombrée de patates de corail multicolore. De plus, elle tourne sur bâbord, obligeant les bateaux à un virage parfois périlleux quand la mer est mauvaise ou le courant fort. Elle est cependant très bien balisée, ce qui rend la navigation aisée par beau temps. Il faudra quand même vous assurer avant de prendre la mer en direction de Maupiti que la passe est praticable, en appelant le contact de votre loueur sur place. Une fois la passe embouquée, il y a deux mouillages possibles dans le lagon : soit juste après la passe, devant la pension Papahani, sur le motu Tiapa'a, soit un peu plus loin, devant le village de Vai'ea.



Carnet de route

Des mouillages adaptés à un séjour prolongé

Attention à bien suivre le balisage car le corail est partout. Dans les deux cas, il s'agit de mouillages sur le sable, dans peu d'eau, parfaitement adaptés à un séjour prolongé. Car l'île, même si elle est petite, mérite que l'on s'y arrête plusieurs jours. D'abord pour ses plages étincelantes : franges de sable blanc qui entourent les motus, et qui offrent aux voyageurs des moments de détente sans pareil. Vous pourrez aussi faire du snorkeling dans la passe ou dans le lagon, sur les patates de corail évoquées ci-dessus, qui attirent comme par magie des centaines de poissons tropicaux multicolores.
On ira aussi à Maupiti pour y découvrir la vie des Polynésiens, toujours très accueillants, et qui seront ravis de partager avec vous une Hinano, la bière locale, ou de vous emmener pêcher sur leurs drôles de bateaux à moteur dirigés par un " manche à balais " placé à la proue. Il faut également visiter l'île, qui recèle de vestiges archéologiques dissimulés dans l'épaisse végétation, comme les pétroglyphes de la vallée de la Haranae, à quelques minutes de marche au nord du village. Il est possible de faire le tour complet de Maupiti à pied en suivant la route côtière. Comptez 2 à 3 heures de marche. Enfin, ne manquez sous aucun prétexte l'ascension du mont Teura Faatui. Selon la légende, une soeur, jalouse de ses deux frères, les envoya à la pêche après avoir percé leurs barques. Les frères coulèrent et se transformèrent en motus (îlots) : motu Auira et motu Tuanai, qui cernent le mont Teure Faatui, la grande soeur devenue montagne... Plus prosaïquement, il s'agit en fait d'un volcan effondré dont la ligne de crête culmine à 372 mètres. Un sentier mène directement au sommet, au départ du village.
Prévoyez environ 3 heures de marche pour faire l'aller-retour, évitez les tongs, et emportez beaucoup d'eau, car dans la chaleur ambiante, la marche est épuisante, même si on se trouve la plupart du temps sous le couvert des arbres ! Mais quelle récompense ! D'abord, on découvre la partie septentrionale du lagon au détour d'un virage du chemin, puis, après un ultime effort pour escalader facilement quelques mètres de rocher, on se retrouve en haut du volcan, au milieu d'un panorama à couper le souffle. Vu d'en haut, le lagon est encore plus beau ! Les grands oiseaux marins qui vivent là planent autour des visiteurs et vous pouvez contempler l'île sur près de 300 degrés ! Inoubliable ! La descente est étonnante elle aussi dans la mesure où l'on franchit des paliers de chaleur très nets, pour finir dans la fournaise au niveau de la mer.

A voir

Le mont teura Faatui

Prévoyez environ 3 heures de marche pour faire l'aller-retour, évitez les tongs, et emportez beaucoup d'eau, car dans la chaleur ambiante, la marche est épuisante, même si on se trouve la plupart du temps sous le couvert des arbres ! Mais quelle récompense ! D'abord, on découvre la partie septentrionale du lagon au détour d'un virage du chemin, puis, après un ultime effort pour escalader facilement quelques mètres de rocher, on se retrouve en haut du volcan, au milieu d'un panorama à couper le souffle. Vu d'en haut, le lagon est encore plus beau ! Les grands oiseaux marins qui vivent là planent autour des visiteurs et vous pouvez contempler l'île sur près de 300 degrés ! Inoubliable ! La descente est étonnante elle aussi dans la mesure où l'on franchit des paliers de chaleur très nets, pour finir dans la fournaise au niveau de la mer.

A ne pas manquer

Un charme incontestable

Ne manquez pas les échoppes le long de la route en rentrant, où, parfois, les étals sont installés à même les tombes, puisque les habitants de Maupiti enterrent leurs morts dans leur jardin.Vous l'aurez compris, nous ne saurions trop vous conseiller une escale à Maupiti lors d'une croisière en Polynésie, afin de découvrir un îlot qui a su garder son charme d'antan, tout en offrant des activités intéressantes en dehors du bateau. Mais chut ! Ce secret ne doit pas être trop dévoilé pour que, justement, Maupiti garde son charme.
Pêcheurs pour la plupart, les habitants, préservent leurs bateaux en les sortant chaque jour de l'eau, grâce à un ingénieux système de palans en bois.

A bord avec nous

Edgar Grospiron champion olympique de ski de bosses, à Albertville en 1992

Comment as-tu trouvé Maupiti ?
Conforme à ce que j'attendais : du soleil, des plages superbes, et surtout un lagon hallucinant avec des poissons partout ! J'ai aussi été marqué par la gentillesse des gens qui nous ont toujours très bien accueillis. Un exemple : cette vielle dame qui nous a offert des colliers de coquillages après qu'on lui a acheté quelques souvenirs. Elle paraissait tellement contente de discuter avec nous !
Pourquoi avoir choisi cette destination ?
On est parti juste avant le début de l'hiver, c'était donc parfait d'aller au soleil pour recharger les batteries avant d'attaquer le froid. En plus, je me suis mis au kite surf, et je rêvais de glisser dans cette eau verte qu'on voit toujours en photo... Rêve réalisé. Je garde le souvenir de notre dernière navigation où l'eau était parfaitement lisse : j'avais vraiment l'impression de faire du wake board, mais sans le bruit du bateau à moteur !
Et le bateau ?
Le cata ? Non seulement, on s'installe à bord une bonne fois pour toutes et les affaires restent là, mais en plus c'est l'outil idéal pour ce genre d'endroit : on est autonome, on peut aller chercher le vent là où il est annoncé, rapidement (pour le kite surf). J'en avais déjà fait, mais là j'ai découvert le plaisir du cabotage avec des amis. C'était vraiment génial ! Je repars quand on veut...

Guide pratique

A savoir

Quand y aller : Contrairement à ce que l'on entend souvent, il ne fait pas toujours beau à Tahiti. On distingue la saison des pluies, de novembre à avril, et la saison sèche le reste de l'année. En fait de pluie, on a souvent affaire à des orages violents qui ne durent que quelques minutes. Mais il n'est pas exclu de voir plusieurs jours de pluie d'affilée, heureusement, c'est rare. En revanche, il fait toujours chaud et la température de l'eau ne descend jamais en dessous de 26 °C.
Comment y aller : Un seul conseil, adressez-vous à Air Tahiti Nui, la compagnie polynésienne. Son jeune âge fait que ses A 340 sont tous neufs, et c'est important pour un voyage de cette durée ! Le voyage commence vraiment dès Roissy puisque les avions fleurent bon le tiaré. Pour le même tarif que leurs concurrents : comptez environ 1 300 € A/R le vol sec, en vous y prenant un peu à l'avance. Pour rejoindre Maupiti, comptez 5 h de navigation au départ de Bora Bora. Attention de bien calculer votre heure d'arrivée puisqu'il est fortement déconseillé d'emprunter la passe de nuit.
Infos pratiques : Le coût de la vie est comparable à celui de la métropole. La monnaie est le franc CFP, puisque la Polynésie, pourtant française, a refusé l'introduction de l'euro. Un franc CFP vaut grosso modo 10 fois moins qu'un euro. Exactement : 1 euro = 118,21 CFP. Bien sûr, pour acheter des produits venant de France métropolitaine, comme du fromage par exemple, ce sera beaucoup plus cher. Mieux vaut donc manger local, beaucoup de poissons, par exemple !
Notre Loueur : Sunsail, à Raiatea (voir Bateaux n° 548), soit à une cinquantaine de milles de Maupiti, où il n'y a pas de loueurs de bateaux à voile. La gamme de bateaux va du Sun Odyssey 37 au Bénéteau 50 pour les monocoques, et de l'Athena 38 au Bahia 46 pour les catamarans. Si vous voulez louer le Bahia 46 de ce reportage, il faut compter entre 4 800 et 6 855 e la semaine de location.
Tél. : 0800 33 15 15. www.sunsail.com
A lire : le Lonely Planet a une édition en français parfaitement documentée sur la zone. Ne vous attendez cependant pas à trouver beaucoup de pages sur Maupiti. Il existe aussi un guide de plongée de la zone.
www.lonelyplanet.fr

Remerciements
Office du tourisme de Tahiti (Gaëlle), Air Tahiti Nui, Sunsail, Catherine North Communication.
www.airtahitinui.fr
www.tahiti-tourisme.pf
Mise à jour le Mercredi, 07 Mai 2008 13:38